Niamey, le 17 juillet 2026 – Le Niger s’affirme avec éclat sur la carte de la haute performance médicale en Afrique. La Faculté des Sciences de la Santé (FSS) de l’Université Abdou Moumouni (UAM) de Niamey a célébré la sortie officielle de sa 4ᵉ promotion de neurochirurgiens. Baptisée du nom du mémorable « Professeur Sanoussi Samuila », cette cérémonie de fin de parcours met en lumière un modèle académique d’excellence capable de propulser de jeunes praticiens africains au sommet de leur art.

Des résultats d’exception face à un jury international
La preuve la plus éclatante du niveau d’excellence de cette cuvée 2026 réside dans l’homogénéité et la brillance de ses résultats. Le Professeur Abarchi Habibou, Président général des jurys, a proclamé un verdict historique : sur les quatre candidats en lice, trois se hissent à la première place ex aequo. Il s’agit d’Aboubakar Idrissa Ousmane, de Dodo Hambadi Daouda et du Dr Sim Taku Valdez. La quatrième lauréate, la Dr Sali Matou Sefili, se classe juste derrière à une infime fraction près, qualifiée par le président du jury de « différence d’une poche ».
Cette performance a été validée par un jury d’envergure internationale réunissant d’éminents experts connectés depuis le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Zimbabwe, la France, la Guadeloupe et la Martinique. Grâce aux infrastructures numériques de la faculté (WASCAL), les soutenances se sont déroulées dans des conditions techniques parfaites. Face à une telle maîtrise, le Pr Abarchi a lancé un appel vibrant aux nouveaux diplômés : « Portez haut les flambeaux de l’excellence de la neurochirurgie ».
Une élite forgée dans la rigueur absolue et la discipline
Pour le Professeur Douma Djibo Maïga, Doyen de la FSS, la valeur d’un diplôme repose exclusivement sur l’impartialité et l’exigence de l’institution qui le délivre. Il a rappelé que l’excellence de la faculté se bâtit au quotidien à travers une application inflexible des règles : « ni faveur, ni rigueur, ni exception, ni indifférence. La même mesure pour tous en toutes circonstances ».

Cette rigueur scientifique et comportementale porte ses fruits. Le parrain de l’événement, l’ancien Président de la République Son Excellence Mahamane Ousmane, a salué avec émotion le mérite de ces quatre nouveaux spécialistes. Selon lui, par leur endurance, leur discipline et leur intelligence, ces lauréats accèdent directement à « l’élite de la médecine mondiale ». Il a également loué les efforts cruciaux menés par l’État pour maintenir à flot cette formation d’élite.
L’art du geste chirurgical : Maîtriser le complexe dans la simplicité matérielle
L’un des aspects les plus remarquables de cette formation d’excellence est la capacité des résidents nigériens et sous-régionaux à acquérir des compétences de très haut niveau malgré des contraintes structurelles. La coordonnatrice de l’enseignement de la neurochirurgie, la Professeure Kelani Aminata Bariyat, a exposé avec franchise la réalité du terrain, soulignant que les étudiants apprennent à opérer l’organe le plus complexe de l’anatomie humaine sans laboratoire de simulation ni d’anatomie peropératoire.

Loin d’y voir un frein, la Pr Kelani en fait un argument de supériorité technique hors pair pour ses élèves :
« Portez cette expérience non comme un handicap, mais comme une force. Vous savez opérer avec rigueur là où d’autres ont besoin de tout le confort technique pour le faire ».
Le délégué des récipiendaires a pleinement appuyé cette vision, décrivant cinq années d’un parcours intense et éprouvant qui a forgé leur identité de cliniciens. Il a promis, au nom de ses pairs, d’exercer avec la même humilité et le même dévouement que le regretté Professeur Samuila.
Un enjeu de souveraineté sanitaire et de rayonnement panafricain
L’Université Abdou Moumouni s’impose désormais comme un pilier de la formation médicale de pointe en Afrique de l’Ouest, accueillant des étudiants de la sous-région, à l’image du lauréat camerounais diplômé lors de cette session.
Le Professeur Baragé Moussa, Recteur de l’UAM, s’est félicité de la capacité de son établissement à doter le marché de l’emploi de spécialistes de premier ordre. Utilisant une formule imagée, il a invité les ministères de la Santé et de l’Enseignement supérieur à soutenir l’institution universitaire : « Notre souhait ardent est que les consommateurs des œufs se soucient de savoir combien la poule souffre pour les pondre. Et qu’ils acceptent de la soutenir en créant un environnement hospitalier favorable sous forme de CHU ».

En guise de conclusion et de soutien institutionnel, le Ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation Technologique, le Professeur Mamadou Seidou, a tenu à galvaniser les lauréats. En écho aux réalités matérielles évoquées, le Ministre a rappelé que la véritable excellence pratique se polit souvent dans la gestion de l’adversité. S’adressant directement aux quatre neurochirurgiens, il a affirmé qu’ils disposaient d’un bagage technique exceptionnel : « Ils ont été bien formés. C’est dans les difficultés même qu’il faut faire la débrouille pour être bien formés […]. Vous n’avez pas à rougir ou à noircir de votre formation ». La relève médicale nigérienne est prête à conquérir le terrain avec brio.
A lire : https://www.uam.edu.ne/article.php?id=100

