Invitée de l’émission « Le Grand Entretien » sur Télé Sahel, le ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation Technologique a exposé les avancées majeures et les réformes structurelles engagées par son département. Entre souveraineté éducative, professionnalisation et digitalisation, le Pr Mamoudou Saïdou dessine les contours d’une université nigérienne résolument tournée vers le développement national.
Une rentrée sous le signe de la normalisation académique
D’emblée, le Ministre s’est réjoui de la situation actuelle dans les universités publiques du Niger. Malgré les défis contextuels, la rentrée effectuée le 15 octobre 2025 se déroule dans des conditions de sérénité. « La situation académique actuelle est marquée par la progression normale des cours », a-t-il affirmé, soulignant que l’un des objectifs prioritaires est de mettre fin au chevauchement des années académiques pour revenir à un calendrier standard (septembre à juin).
L’essor des Écoles d’Ingénieurs : Former pour le marché de l’emploi
L’une des annonces phares de cet entretien concerne la transformation structurelle de l’offre de formation. Le ministère a entrepris de transformer certaines facultés classiques en écoles d’ingénieurs pour répondre précisément aux besoins du marché de l’emploi nigérien. Quatre nouvelles institutions stratégiques ont ainsi vu le jour :
- L’École d’Ingénierie et des Sciences d’Énergie à l’Université d’Agadez ;
- L’École Supérieure des Sciences du Numérique à l’Université de Dosso ;
- L’École Polytechnique à l’Université de Maradi ;
- L’École Nationale de Pétrole et de Gaz à l’Université de Zinder.
L’objectif est clair : passer d’un enseignement théorique à une professionnalisation accrue. Pour l’École des Mines, de l’Industrie et de la Géologie (EMIG), le ministre prévoit de doubler, voire tripler sa capacité d’accueil pour atteindre plus de 1 000 étudiants.
Digitalisation : L’Université Numérique du Niger (UNN)
Face à la massification des effectifs (environ 8 000 nouveaux bacheliers chaque année à Niamey), le Pr Mamoudou Saïdou mise sur le numérique. L’Université Numérique du Niger, la neuvième du pays, est en phase d’opérationnalisation accélérée. Elle permettra d’assurer des enseignements à distance de qualité, soulageant ainsi les infrastructures physiques saturées. Des locaux propres, incluant des studios d’enregistrement, sont en cours de construction à Niamey.
Recherche et Innovation : Un soutien structuré
Le Ministre a également mis en avant la revitalisation du Fonds d’Appui à la Recherche et à l’Innovation Technologique (FARSIT). Ce fonds a été restructuré pour garantir une gestion plus fluide et transparente, permettant de financer des projets alignés sur les priorités nationales de refondation. Le premier Forum National de la Recherche et de l’Innovation Technologique (FNRIT) a d’ailleurs servi de vitrine pour exposer les talents des inventeurs et chercheurs locaux.
Amélioration des conditions de vie et de travail
Sur le volet social, le Ministre a évoqué plusieurs mesures significatives :
- Personnel : Signature d’un décret fixant le traitement de base et les indemnités pour le personnel administratif et technique (PAT).
- Étudiants : Efforts constants pour le paiement régulier des bourses, en commençant par les arriérés des nouveaux bacheliers.
- Infrastructures : À l’Université de Niamey, des chantiers d’envergure visent à augmenter la capacité d’accueil de 6 000 places assises et de 2 400 lits en cités universitaires.
- Transport : Le gouvernement s’oriente vers la création d’une société de transport urbain avec des tarifs préférentiels pour les étudiants, plutôt que l’achat de bus isolés, afin de garantir une mobilité durable.
Vers une souveraineté éducative renforcée
Le Pr Mamoudou Saïdou a conclu en réitérant la volonté du Niger de s’assumer pleinement sur le plan académique. Évoquant le cas de certains étudiants à l’étranger empêchés de poursuivre leurs cours pour des raisons politiques, il a été catégorique : « Nous avons l’obligation d’avoir notre souveraineté en matière de formation et d’éducation ». Le rapatriement et la réintégration de ces étudiants dans le système national sont déjà en cours.
Note : Cet article synthétise les points clés de l’intervention. Les projets mentionnés (écoles d’ingénieurs, cité numérique, réforme du FARSIT) constituent la feuille de route du ministère pour les années 2026-2027.




Ping : Souveraineté alimentaire au Niger : le ministre trace un cap ambitieux - Algaita Studio