C’est un tournant historique pour la souveraineté énergétique du Niger et un modèle du genre en matière de diplomatie technique africaine. Ce mercredi 3 juin 2026, les Premiers ministres du Niger, S.E. Ali Mahamane Lamine Zeine, et de l’Algérie, S.E. Sifi Ghrieb, ont officiellement inauguré à Niamey la toute nouvelle centrale électrique de solidarité algéro-nigérienne. D’une capacité d’injection directe de 40 mégawatts (MW) sur le réseau de la NIGELEC, cette infrastructure vient insuffler un second souffle à l’économie locale.
Une prouesse technique et logistique en un temps record : 2 mois chrono
Là où les projets d’infrastructures énergétiques s’étalent habituellement sur plusieurs années, le chantier de Niamey aura brisé tous les records de célérité. En à peine deux mois, la centrale est sortie de terre et est entrée en exploitation.
Cette performance repose sur un binôme technique de haut niveau et un pont aérien hors norme :
- Une Task-Force binationale : Plus d’une centaine d’ingénieurs et d’experts de SONELGAZ International (Algérie) et de la NIGELEC (Niger) ont été mobilisés jour et nuit.
- Un défi logistique XXL : Pas moins d’une vingtaine de vols cargo ont été nécessaires pour acheminer la totalité des équipements lourds depuis l’Algérie vers Niamey en un temps record.
« L’inauguration aujourd’hui de cette centrale électrique n’est pas seulement une prouesse technique […], mais bien la preuve tangible que notre coopération bilatérale est entrée dans une nouvelle phase, caractérisée par la célérité, l’efficacité et la mise en œuvre concrète des engagements politiques », a souligné avec fierté le Premier ministre algérien, Sifi Ghrieb.
Quel impact concret pour les populations et l’économie du Niger ?
Dans une région où l’accès à une énergie stable reste le moteur principal du développement, l’arrivée de ces 40 MW change radicalement la donne.
L’impact en chiffres :
- + 10 000 foyers interconnectés et alimentés directement en électricité.
- Stabilisation du réseau global de la « Zone Fleuve », traditionnellement sous forte tension.
- Soutien massif à l’industrialisation : Sécurisation de l’alimentation des PME/PMI, réduction des coûts opérationnels liés aux groupes électrogènes de secours, et attractivité renforcée pour les investisseurs.
Pour le Premier ministre nigérien, Ali Mahamane Lamine Zeine, cette infrastructure s’inscrit en droite ligne avec la vision de transition structurelle du pays :
« La mise en fonction de cette centrale consolide les réalisations du Gouvernement qui a décidé d’assurer à notre pays sa souveraineté énergétique. Elle contribuera significativement à renforcer la capacité énergétique nationale, à améliorer la qualité de la desserte électrique, à soutenir les activités économiques […] et à accompagner l’ambition du Niger d’accélérer sa transformation économique et industrielle. »
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10 000+ Foyers Stabilité Zone Fleuve
Alimentés & Industrie
De la diplomatie à la réalité du terrain
Ce projet d’envergure n’est pas le fruit du hasard. Il matérialise les engagements pris lors de la visite d’État à Alger, les 15 et 16 février 2026, du Président de la République du Niger, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, sur invitation de son homologue algérien, S.E.M. Abdelmadjid Tebboune. Ce projet donne corps aux orientations de la dernière session de la Grande Commission mixte algéro-nigérienne.
Le gouverneur de la région de Niamey, le Général de Division Assoumane Abdou Harouna, a résumé ce pragmatisme en rappelant que depuis ce sommet d’Alger, « la prévoyance s’est transformée en architecture constructive et positive, et la lucidité en discipline ».
Au-delà de l’électricité, Alger réaffirme son rôle de partenaire stratégique de premier plan pour Niamey. Le Premier ministre algérien a formellement réitéré l’engagement de son pays à soutenir le Niger dans d’autres secteurs vitaux : les hydrocarbures, la santé, les infrastructures, le transport, la numérisation et l’enseignement supérieur.
La reconnaissance du mérite : Des distinctions hautement symboliques
Pour sceller cette fraternité technique et politique, la République du Niger a honoré les visages masculins et féminins derrière cette réussite. Au nom du Chef de l’État :
- Le Premier ministre algérien, Sifi Ghrieb, a été élevé au grade de Commandeur de l’Ordre national du Mérite.
- M. Mourad Adjal (Ministre algérien de l’Énergie et des Énergies renouvelables), M. Saadi Ahmed (Ambassadeur d’Algérie au Niger), ainsi que le premier responsable de Sonelgaz, ont été décorés de la prestigieuse Médaille de la Souveraineté Saraounia Mangou.
En démontrant qu’un partenariat Sud-Sud basé sur la confiance mutuelle peut accoucher d’une infrastructure de pointe en 60 jours, le Niger et l’Algérie envoient un signal fort au reste du continent : l’Afrique dispose des leviers endogènes nécessaires pour éclairer son propre avenir.


