Niger : La jeunesse innove au Robotics Challenge pour nourrir l’avenir !

Trois jeunes participants nigériens, deux filles en blanc et un garçon en bleu, assemblent et programment un robot éducatif sur un plateau de jeu en bois lors d'une compétition de robotique.

Le Niger vient de franchir un cap décisif dans son histoire technologique. La capitale nigérienne a vibré au rythme de la compétition nationale « Robotics for Good Youth Challenge Niger 2026 ». Organisé dans les locaux de l’École Supérieure des Communications Électroniques et de la Poste (ESCEP Niger), l’événement a rassemblé la fine fleur des jeunes innovateurs nationaux autour d’une thématique vitale : « Agriculture et Sécurité Alimentaire ».

Ce challenge d’envergure vise à stimuler la création de solutions robotiques locales adaptées aux réalités climatiques du Sahel. Retour sur une journée historique à travers les déclarations fortes des décideurs du numérique nigérien.

Les voix officielles de l’événement

ESCEP Niger : le sanctuaire des bâtisseurs de demain

En tant qu’hôte de l’événement, le Directeur Général de l’ESCEP Niger, Dr Koroney Abdoul Salam a ouvert les festivités en rappelant la vocation de son institution :

« C’est avec une sincère satisfaction que je vous souhaite la bienvenue à l’École Supérieure de Communication Électronique et de la Poste, l’ESCEP Niger, pour cette cérémonie de lancement de la compétition nationale Robotics for Good Youth Challenge Niger 2026. L’ESCEP est fière et honorée d’abriter cet événement. En accueillant aujourd’hui des équipes de jeunes talents venus de divers horizons, notre établissement affirme une vocation qui lui est chère : celle de rassembler, d’inspirer et de former les architectes du numérique du Niger de demain. »

Il a également salué la pertinence de l’alignement technologique sur les besoins fondamentaux du pays :

« La compétition qui s’ouvre ce jour est bien qu’un concours de robotique. Placée sous le thème Agriculture et Sécurité Alimentaire, elle invite notre jeunesse à mobiliser la technologie au service des défis concrets qui touchent le quotidien de nos populations. C’est là une démarche profondément responsable, et je tiens à en féliciter les organisateurs. »

NOVATEC : une technologie au service de l’humain

Coorganisateur de l’événement, le Directeur Général de NOVATEC, Daouda Hamadou a exprimé sa gratitude avant de recadrer les priorités de la révolution tech au Niger :

« C’est avec une grande fierté et une profonde reconnaissance que je prends la parole aujourd’hui à l’occasion du lancement de la compétition nationale Robotics for Good Youth Challenge Niger 2026. Cette journée est importante car elle réunit la jeunesse, l’éducation, la robotique, l’intelligence artificielle et l’innovation autour d’une même ambition : former des jeunes nigériennes et nigériens capables de transformer les défis de notre pays en solutions concrètes. […] Nous rappelons que la technologie n’a de sens que lorsqu’elle sert l’humain, l’éducation, l’inclusion, la créativité et le développement durable. »

S’adressant directement aux équipes en lice, il a insisté sur la valeur de l’apprentissage par l’effort :

« Chers jeunes participants, cette compétition a été pensée pour vous. Aujourd’hui, vous n’êtes pas seulement venus pour représenter des robots. Vous êtes venus démontrer votre capacité à apprendre, à programmer, à tester, à corriger, à collaborer et à persévérer. Dans la robotique, chaque erreur devient une leçon. Chaque essai améliore la solution. Et chaque équipe apprend que la réussite se construit avec méthode, discipline et esprit d’équipe. Le thème de cette édition, consacré à l’agriculture et à la sécurité alimentaire, correspond parfaitement aux priorités de notre pays. Le Niger a besoin de solutions innovantes pour mieux gérer l’eau, protéger les cultures, améliorer les rendements, réduire les pertes et soutenir nos producteurs. »

ANSI : le plaidoyer pour une robotique souveraine et endogène

C’est sans doute l’intervention la plus politique et la plus percutante de la journée. Le représentant de la Directrice Générale de l’Agence Nationale pour la Société de l’Information (ANSI), Tari Bako Ousmane a livré un véritable manifeste pour la décolonisation technologique :

« Nous ne sommes pas ici pour une simple compétition, nous sommes ici pour un acte de foi. La foi dans la jeunesse nigérienne. Nous sommes ici pour un acte de souveraineté : construire nous-mêmes les solutions aux défis du Niger. L’ANSI porte une vision claire […] faire du numérique non pas un miroir des impasses occidentales, mais un levier d’émancipation, de résilience et de dignité pour notre pays. »

Il a ensuite fustigé le complexe de l’importation systématique pour valoriser l’innovation frugale « made in Sahel » :

« Pendant trop longtemps, on nous a dit que les solutions viendront d’ailleurs, qu’il faudrait importer des technologies chères, des robots conçus pour des sols et climats qui ne sont pas les nôtres. Chers jeunes, ce discours, nous l’arrêtons aujourd’hui. La robotique que nous allons inventer ne sera pas une copie. Elle sera une réponse nigérienne à des réalités nigériennes. Un drone qui surveille les cultures, oui ! Mais qui résiste à la poussière et à la chaleur du Sahel. Un capteur qui économise l’eau, oui ! Mais qui fonctionne sans Internet sur une simple pile. Un robot qui désherbe, oui ! Encodé pour le paysan de Tillabéri, encodé pour la mère de Diffa qui veut nourrir ses enfants sans épuiser la terre. Encodé pour qu’un demain aucun Nigérien ne couche le ventre vide. »

Un robot conçu par de jeunes nigeriens expose lors la competition . Crédit photo : Faride Boureima / Algaita Studio

Ministère de la Communication : l’aval de l’Etat

Clôturant la série des discours, le Secrétaire Général du Ministère de la Communication et des Nouvelles Technologies de l’Information, Monsieur Mashoul Abdoul Nasser a rappelé l’engagement des autorités publiques :

« Cette rencontre n’est pas seulement une compétition robotique, elle est un rendez-vous d’apprentissage, de créativité, de discipline scientifique et d’engagement citoyen pour notre jeunesse. […] À travers cette initiative, notre pays, le Niger, s’inscrit dans une dynamique internationale portée par l’Union Internationale des Télécommunications et la plateforme AI for Good. Cette dynamique encourage les jeunes à utiliser la robotique, l’intelligence artificielle et le codage pour répondre à des défis corrects de développement. »

Il a conclu en réaffirmant la vision stratégique de l’État :

« Le Niger est un pays jeune, ambitieux et résolument tourné vers l’avenir. Notre jeunesse représente notre plus grande richesse. Pour transformer ce potentiel en force de développement, nous devons lui donner les moyens pour accéder aux sciences, aux technologies, à l’innovation et aux compétences numériques. Le gouvernement reste convaincu que le développement du capital humain, la transformation numérique et l’innovation technologique sont les piliers essentiels pour bâtir le Niger plus compétitif, plus souverain et plus inclusif. »

Le palmarès officiel 2026

Les différentes équipes devant leurs prototypes. Crédit photo : Faride Boureima / Algaita Studio

Après délibération d’un jury rigoureux, les équipes suivantes ont été récompensées pour leur ingéniosité :

𝗖𝗮𝘁é𝗴𝗼𝗿𝗶𝗲 𝗝𝘂𝗻𝗶𝗼𝗿

  • 1ère place : E-E Tech Academy
  • 2ème place : Phoenix
  • 3ème place : Scientifiques

𝗖𝗮𝘁é𝗴𝗼𝗿𝗶𝗲 𝗦𝗲𝗻𝗶𝗼𝗿

  • 1ère place : Team DARAK
  • 2ème place : Lycée Scientifique des Filles
  • 3ème place : EPI Niger

Objectif Genève : porter les ambitions du Niger à l’international

Pour les champions, l’aventure ne fait que commencer. Les équipes E-E Tech Academy (Junior) et Team DARAK (Senior) ont décroché leur ticket pour l’étape supérieure. Elles auront l’honneur de représenter le Niger lors de la grande finale internationale à Genève. Une opportunité unique de prouver au monde que le Sahel n’est plus seulement un terrain de défis, mais un incubateur de solutions d’avenir.

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