Niamey, 20 juin 2026 – L’équipe de l’Université Abdou Moumouni (UAM) de Niamey a décroché le trophée du Concours National de Plaidoirie 2026, organisé par la Clinique Juridique de sa Faculté des Sciences Juridiques et Politiques (FSJP), lors d’une compétition qui a réuni dix établissements d’enseignement supérieur du Niger autour des thématiques du droit d’asile, des mouvements mixtes de population et de la lutte contre l’apatridie.
Un palmarès serré, une finale de haute volée
Si la phase éliminatoire s’était tenue le 20 juin 2026 à l’Auditorium du Centre d’Excellence MS4SSA de l’École Normale Supérieure (ENS) de Niamey, c’est à l’Auditorium du WASCAL que la grande finale a offert son épilogue. L’UAM y a été consacrée championne, devant l’Université Djibo Hamani de Tahoua, qui s’est illustrée à la deuxième place. L’Université Jean Jaurès a pris la troisième position, tandis que l »African Development University s’est classée quatrième.
Les confrontations ont été à la hauteur des attentes. Les équipes ont fait preuve d’une remarquable maîtrise de l’argumentation juridique, de l’analyse des faits et de l’art oratoire, donnant lieu à des débats rigoureux et passionnants sur des problématiques de protection internationale d’une brûlante actualité.
Droit d’asile et apatridie : des enjeux au cœur de la compétition
Le choix des thématiques n’est pas anodin. Comme l’a rappelé le Pr Narey Oumarou, Doyen de la FSJP/UAM, dans son allocution d’ouverture prononcée au nom du Recteur empêché, « le monde contemporain est confronté à des déplacements de populations d’une ampleur sans précédent » conflits armés, persécutions, crises sécuritaires et catastrophes environnementales poussant chaque année des millions de personnes à fuir à la recherche de protection et de dignité.

Sur la question de l’apatridie en particulier, le Doyen a tenu à alerter l’assistance : elle « demeure souvent méconnue, alors qu’elle touche encore des millions de personnes à travers le monde ». Être apatride, c’est n’être reconnu comme ressortissant par aucun État, une situation qui prive les individus de droits fondamentaux et les expose à une vulnérabilité accrue. « La lutte contre l’apatridie constitue donc un impératif juridique, humanitaire et moral », a-t-il affirmé.
Un concours forgé dans un partenariat solide
L’événement a été organisé par la Clinique Juridique de la FSJP avec l’appui du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) et du Comité International pour l’Aide d’Urgence et le Développement (CIAUD). Dans son allocution, la Représentante du HCR au Niger a salué « la qualité de la collaboration » avec la FSJP/UAM, la Direction Générale de l’État civil, des Migrations et des Réfugiés ainsi que la Direction Générale des Droits de l’Homme, rappelant une conviction fondatrice : « aucun acteur, à lui seul, ne peut répondre aux défis des déplacements forcés. »

Le HCR a également réaffirmé son engagement aux côtés du Niger, que ce soit pour le renforcement du cadre juridique, le développement des capacités nationales ou la promotion de solutions durables. « Ces efforts nécessitent un engagement renforcé et continu de l’ensemble des partenaires », a souligné son représentant.
Former les juristes de demain
Au-delà du trophée, l’ambition de ce concours est pédagogique et civique. Pour le Doyen Narey Oumarou, l’initiative vise à « former une nouvelle génération de juristes conscients des défis contemporains liés à la mobilité humaine et résolument engagés dans la promotion de la justice, de l’État de droit et de la protection des personnes vulnérables ».




Le HCR a abondé dans ce sens, rappelant aux étudiants qu’ils sont « appelés à devenir les garants du respect du droit, les défenseurs des principes fondamentaux de protection et les acteurs du renforcement de l’État de droit ». Et de conclure sur une note humaniste : « derrière chaque texte juridique, chaque principe et chaque débat, il y a des vies humaines qui dépendent de notre engagement collectif. »
Le Concours National de Plaidoirie est organisé annuellement par la Clinique Juridique de la FSJP/UAM. L’édition 2026 marque une étape importante dans la mobilisation de la jeunesse universitaire nigérienne autour des enjeux de la protection internationale.



